Je vous écris depuis l'Internet d'avant
Le premier article ! De mon nouveau blog ! Si on m'avait dit il y a quelques mois que 2026 serait pour moi l'année du revival des blogs, je n'y aurais pas cru. Et pourtant, écrire ces lignes me semble d'une évidence absolue, et l'aboutissement logique de mes réflexions sur mon usage d'Internet, croisées avec les réflexions de personnes brillantes que je vais certainement citer dans ce premier article.
De 2005 à 2014, j'ai tenu sans interruption plusieurs blogs, sur une pléthore de plateformes : du classique skyblog au très épuré tumblr, en passant par le blogspot mode / lifestyle que j'ai tenu pendant plusieurs années (oui il existe encore, non je ne partagerai pas l'adresse). Parallèlement, je suivais énormément de créateur.rices, et je me suis même fait des copines par blogs interposés. Et puis, quand presque tout ce beau monde s'est mis à migrer sur Instagram, j'ai suivi le mouvement et je n'ai plus écrit une seule ligne de blog jusqu'à aujourd'hui. Je me suis auto-persuadée qu'écrire sur un blog était dépassé, que c'était un truc d'ado en manque d'attention, qu'on ne m'y reprendrait plus.
Vous vous en doutez, j'ai changé d'avis. D'abord, force est de constater que mes usages "de loisir" d'Internet, placés sous la domination d'Instagam (c'est clair et net quand je regarde le temps passé sur les différentes applications de mon téléphone), m'apportaient de moins en moins de satisfaction. Cela a peut-être à voir avec le fait de réaliser que je finançais indirectement d'énormes entreprises capitalistes tendance fascistes, en pensant m'instruire grâce à mes comptes militants préférés. Sans doute aussi avec le fait que ces mêmes entreprises nous imposent en permanence l'IA, qui est un projet fasciste.
Grâce à mon amoureux, militant de l'Internet libre, j'ai découvert Mastodon et le Fediverse. Sur le fediverse, j'ai découvert qu'il existait encore des personnes qui bloguaient, et même que certain.es n'avaient jamais cessé. Et que c'était quand même vachement mieux pour s'exprimer qu'une pensée en 140 caractères, ou comprimée dans des images carrées illisibles.
Depuis que j'ai quitté mon travail pour voyager quelque temps (oui, je sais : quel privilège), je renoue avec l'envie d'écrire. Ecrire sans but, sans adresse particulière, sans contrainte. Quand j'ai partagé cette envie à mon amoureux (toujours le même), il m'a dit "bah, ouvre un blog", et j'ai ri. Parce que je me disais encore que c'était ridicule, que les blogs, c'était l'Internet d'avant. Mais l'idée a fait son chemin. Elle s'est encore plus installée dans mon esprit à la lecture de la newsletter de Pauline Harmange qui nous invite à "sortir des algorithmes", dont chaque ligne m'a parlée. Je suis revenue vers mon amoureux, et je lui ai demandé des recommandations de plateformes pour bloguer.
En 2026, je nous souhaite de faire fi de la peur d'être ridicules. Et puis, au pire, embrace the cringe !